LEVIATHAN – True Traitor True Whore

Posted on 21 février 2015

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Jef Whitehead, ou Wrest, est un garçon charmant. Vu comme le parrain du Black Metal US, on parle du sale et du méchant pas celui qui décalque DIMMU BORGIR, le sieur avait achevé l’odyssée de son groupe phare LEVIATHAN en 2006 avec Massive Conspiracy Against All Life. Quoique fort bien troussé, cet album qui finissait son contrat avec Moribund Cult, tenait davantage de son side-projet LURKER OF CHALICE. On achève ses obligations comme on peut.

Il aura fallu que Jef le jovial se retrouve dans les emmerdes en 2011 pour se défouler à nouveau via LEVIATHAN. Je laisse aux fans de procès graveleux le soin de chercher le pourquoi de l’affaire et penchons-nous sur le résultat sur disque.

LEVIATHAN_TTTW_Cover

Soit 47 minutes de bile haineuse, de celle qui te remonte sans crier gare, la main encore serrée sur le goulot d’une bouteille que tu t’apprêtes à fracasser. Wrest décharge une violence sonore qui tranche avec le reste de ses méfaits. Plus organique, plus protéiforme, plus direct True Traitor… est dans son fond comme dans sa forme, une hydre poisseuse. Sur un corps Black se greffent du Sludge, du Doom, de l’Ambient… Même le chant quitte les râles habituels du genre, et s’il est encore loin de la soprano de groupe Heavy Pouet-Pouet, il colle au grand chaos sonore. L’exercice de la dissonance pourrait être casse-gueule sur la longueur et pourtant il est ici évité. Les titres ne dépassent pas pour la plupart les 5 minutes et conservent chacun leur propre force dans le grand tableau colérique de Wrest. Un tour de force, comme le fait que des morceaux comme « Bring up to his bottom » et « Contrary Pulse » soient voisins sans que ça ne jure. Le tout s’accomplissant par la volonté de Wrest de mettre avant tout le ressenti en avant. True Traitor… est un réel disque viscéral, de ceux qui s’écoutent d’une lampée, comme tout bon poison qui se respecte.

Le seul défaut de cet album, c’est de te laisser lessivé et sale. Dès lors qu’un musicien y met de lui-même, ça tache toujours un peu.

Album en écoute intégrale.