TSJUDER – Desert Northen Hell

Posted on 5 février 2015

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C’était en 2004, le Neo-Metal n’en finissait plus de mourir, le Metalcore braillait de toute la force de ses t-shirts en V et le revival Heavy s’annonçait doucement. Et le Black? DIMMU BORGIR avait affirmé sa toute puissance l’année passée avec Death Cult Armageddon et IMMORTAL s’était séparé après un Sons of Northen Darkness qui faisait le boulot comme on pointe au taf le lundi matin.

Mais bénis soient les grands anciens, cette époque qui voit l’explosion d’Internet fut aussi celle où fut portée au pinacle l’UG. L’UnderGround pour les non-initiés. Et parmi ses représentants, il en fut un qui allait faire grincer quelques dents avant un momentané dernier tour de piste…

Les norvégiens de TSJUDER passèrent les années 90 chères au Black à enchainer démos et EP. Il aura fallu les années 2000 pour deux albums, Kill for Satan et Demonic Possession chez Drakkar. Puis vint la signature chez Season of Mist qui énerva tant. Jusqu’alors le groupe avait répondu au cahier des charges: corpsepaint, photos promo en noir et blanc dans la neige, composition brut de décoffrage avec le minimum de musiciens requis (basse/guitare/batterie/point barre) et SURTOUT PAS de synthétiseurs, SURTOUT pas de chant féminin et JAMAIS AU GRAND JAMAIS de compromis. Et que firent-ils en signant sur le label français? En vérité, exactement la même chose. Pourtant l’album se vendra mal, du moins dans nos belles contrées, et le groupe splittera après la tournée.

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C’est pourtant à ce jour leur meilleur disque, celui qui bénéficie de la meilleure production, ample tout en restituant la sauvagerie et du line-up ad hoc avec le retour d’Anti-Christian derrière les fûts. C’est surtout une fidélité aux sources du Black en y incorporant des éléments Thrash que les imitateurs ont vite oubliés au profit de riffs de tronçonneuse sans grand relief. Disons le carrément, des disques comme ça, on y adhère parce qu’ils savent sonner plutôt que de filer bêtement en ligne droite. Récemment reformé, le trio ne cache pas que pour eux la référence c’est d’être des MOTORHEAD du Black. Soit être fidele aux origines sans en devenir un cul béni pour autant. Dès lors même les morceaux dépassant les 6 minutes comme « Ghoul » évitent l’effet rasoir en variant les temps et en faisant parler les solos. Epuré, lourd mais efficace, les 9 titres forment le meilleur du groupe. Étonnamment d’ailleurs c’est dans sa deuxième moitié que Desert… se révèle meilleur, plus varié, et osons-le dire plus groovy. L’enchainement Mouth of Madness, Unholy Paragon et la reprise de BATHORY, Sacrifice est un sans-faute. Quand au final Morbid Lust de 11 minutes, il n’envie rien aux grandes heures de MAYHEM et d’IMMORTAL. C’est aussi pour ça qu’on l’aimait cet album à l’époque et qu’il a acquis sa réputation d’incontournable. Parce que c’était cool de l’aimer. Ho sacro-saint blasphème dans la scène Black où tu es supposé applaudir les bras croisés. TSJUDER était connu mais pas trop, avait une réputation sans faille et une appellation d’origine contrôlée (tous les clichés répondaient présents). Et on ne se faisait pas chier à y chercher l’empreinte mystique des grands anciens murmurant aux fidèles de recréer le royaume du Mordor en proche banlieue parisienne.

A noter que leur label a eu la bonne idée de ressortir l’album avec 4 pistes live, et surtout un DVD regroupant deux concerts. Une bonne occasion de se replonger dans une époque certes pas forcément meilleure mais nettement plus vraie. Ou Trve si vous préférez.