LEMMY – White Line Fever

Posted on 16 novembre 2014

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Les quelques personnes supportant encore d’être mon entourage n’arrêtent pas de me le dire, je commence à leur  baver sur les rouleaux avec MOTÖRHEAD depuis que j’ai réussi à choper des places dans la fosse pour le concert de mardi prochain.
Bon, j’avoue que de pouvoir assister à un concert de la bande à Lemmy, trois ans après les avoir vu ça ne se refuse pas, surtout que les annulations passées faisaient sentir le sapin. Puis le trio a balancé un « tour edition » d’Aftershock, son dernier album et a repris la route. Ça été l’occasion de me replonger dans la discographie du groupe, de remater le documentaire Lemmy, et de relire White Line Fever, le livre « autobiographique » du chanteur bassiste dont la version française est sortie il y a dix ans (!) en France chez Camion Blanc.

A ce stade, je te rassure ô lecteur, je n’ai pas taillé ma barbe tel le volubile chanteur/bassiste, ni fait pousser deux magnifiques verrues sur mon doux visage. Quand à la consommation de drogues et d’alcool, n’en parlons point, je n’ai pas envie de vérifier si je suis un potentiel miraculé du rock n’ roll.

La couverture originale. Là aussi à préférer à la version française.

La couverture originale. Là aussi à préférer à la version française.

Et rock n’ roll, il l’est, ce White Line Fever d’ailleurs. Normal, c’est Lemmy, sa vie, son œuvre, son cul par l’intéressé lui-même. Fruit d’entretiens avec la journaliste Janiss Garza, oublies toute prétention littéraire toi qui va ouvrir ses pages. On est plus proche d’une conversation de comptoir que des évangiles selon Johnny Cash. Et tant mieux vu l’affabilité du personnage, solitaire dans l’âme comme il le confesse lui-même, mais bavard comme c’est pas possible quand il est lancé. Et le politiquement correct… oui aux oubliettes aussi, comme imaginer qu’un jour MOTÖRHEAD donne dans le bal musette. Les féministes, les végétariens, le 11 septembre, les « chochottes »… tout le monde y passe façon brèves de comptoir un dimanche midi à l’occasion du match de foot du petit dernier. Qu’attendre d’autre de quelqu’un qui a TOUT faire pour passer sa vie digne d’un vrai rockeur? En partant des VICKERS, puis HAWKWIND pour finalement concrétiser MOTÖRHEAD, en étant roadie pour Hendrix au passage, Lemmy a tout fait pour mener la barque à sa manière en n’en faisant qu’à sa tête.

C’est un peu moins de 300 pages qui passent aussi vite et fort qu’un morceau du groupe, dans les paroles comme dans la musique c’est aussi mouvementé. Pour ce genre de confessions, on privilégiera la VO qui retranscrit au mieux la gouaille de ce vieux sagouin qu’est Lemmy. On remarquera un point d’importance tellement rare que quasiment personne ne l’a soulevé. Contrairement à bien des histoires de groupes ou de zicos estampillés « rock », il n’y a aucun drama. Pas de frère découpé à la machette, de perte d’odorat [1] pas de drame fondateur souvent démultiplié par les musiciens au fil des années, et souvent prétexte à une déchéance et à la rédemption qui s’ensuit. Juste l’envie de faire du bruit, vite, fort et restant fidèle à ses idéaux de jeunesse. Pas de regrets, pas d’autoflagellation, tout ce que Lemmy a eu il l’a voulu, toutes les merdes qui lui sont arrivées, il ne perd pas de temps à se les remémorer. Et l’idolâtrie d’un « âge d’or » de son groupe a tendance a tendance à le saouler plus vite qu’une bouteille de Jack coupé au speed.

Quand on vous dit qu’il vaut mieux que tous les Mick Jagger du monde.

[1] bravo à toi ami cinéphile si t as deviné le film.

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