BARABBAS – Messe pour un chien

Posted on 11 novembre 2014

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Trois ans après leur EP Libérez Barabbas! les quatre apôtres reviennent prêcher leur Doom en français selon le credo: PLUS LOURD, PLUS LENT, PLUS SOURD. Et votre serviteur doit bien avouer que depuis les 6 titres sortis en 2011, que j’avais vénéré comme tout bon pécheur qui se respecte, petit BARABBAS est devenu grand. A l’image du son, rien que les guitares réussissent à chatouiller le Doom des origines tout en ayant le poids des ouvrages plus récents, tels ceux de TRIPTYKON. Parfaite vitrine pour la salle L’Empreinte, où a été enregistré l’album, et peut-être une des meilleures salles de concert de la région parisienne.

Barabbas cover

En fait oui, j’ai un GROS reproche à faire à cet album. Il n’est pas (encore) sorti en vinyle

Qu’on me pardonne cet aparté de marchand du temple et revenons à nos brebis galeuses. BARABBAS conserve ce charme bien gaulois qui sait faire du bruit tout en connaissant la chanson. A l’heure où les groupes de Doom/Stoner cherchent tous leur légitimité dans le vintage, BARABBAS se fout un peu des courants liturgiques en vigueur ou à la mode pour mieux délivrer SON Noir Sabbat. En privilégiant l’efficacité à la fioriture maniérée, le groupe tape vite, fort et direct car en plus d’avoir su composer de vraies chansons (écoutez « Judas est une femme » et osez me dire que le refrain ne reste pas gravé dans votre caboche), le groupe a su organiser son album plutôt de simplement enfiler les titres. Messe pour un chien a ce charme qu’a la gouaille d’un Audiard, on n’en décroche pas. Alternant les rythmes, les sermons s’enchainent pendant une heure rendant aussi bien hommage à la femme (« Judas est une femme », « La beauté du Diable ») que payant son tribut au Père éternel (« Priez! », « La mâle Omega », …). Pas moyen de filer comme un écossais à l’heure de la quête, il y a de quoi clouer le fidèle aux bancs de l’église avec cet art de faire headbanguer au ralenti l’assistance.

Ce côté « canaille sauvée de la crucifixion », BARABBAS l’honore bien. En étant capable de jouer aussi bien en concert avec LOFOFORA que GOATESS, le quatuor, tantôt apôtres, tantôt cavaliers, montre qu’il sait aussi bien manier le riff venu de l’autre monde que les refrains à faire gueuler au public. Pas sûr que ça plaise toujours chez les philistins en veste à patch du Doom. En revanche pour le reste de la plèbe, c’est l’illumination garantie. Surtout quand le morceau final s’achève en une très belle réminiscence de quatre autres cavaliers jadis impétueux.

Amen.

Album à écouter et commander ICI.