In memoriam… et tant mieux

Posted on 3 novembre 2014

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Je ne raconte pas souvent ma vie. Une vieille pudeur bourgeoise m’empêche de me répandre ainsi sur le World Wide Web, fut-ce sous le couvert de l’anonymat tout relatif qu’offre celui-ci. Mais baste! Une fois n’est pas coutume et de toute façon l’essentiel est le lien avec la musique. Donc, version courte des faits: il y a une semaine, ma sacoche fut dérobée par quelque malandrin qui à l’heure actuelle doit bien jouir des fruits de son larcin, et parmi ceux-ci, un Ipod 160 Go que je trainais depuis une demi-décennie.

Aparté. La mauvaise blague est que cela m’a fait me pencher sur les derniers modèles de lecteurs MP3 de la marque à la pomme. Force est de constater que cette dernière est définitivement passée reine dans l’art de la pénétration rectale. Fin de l’aparté.

Dans ce boitier gris, se tenait la quasi-totalité de mes 2000 cds et 200 Lps et Eps. Ça en fait du monde dans la boîte à troubadours. L’aspect pratique de la chose m’a toujours été utile vu ma mobilité professionnelle. Ironique que ce vol intervienne au moment où celle-ci s’interrompe d’ailleurs. D’autant que cette perte laisserait bien du populo sur la carreau devant un tel manque musical. Pour ma part, une fois rendu à l’évidence du vol et rentré chez moi, un tel vide ne se fit pas sentir. Et pour cause, trônant fièrement telle la maitresse délaissée au profit d’une plus jeune, la collection évoquée plus haut me narguait.

Ipodsmells-funny

 « On revient en rampant, hein salopard? Finie, la molette en plastoque et ton Itunes plus gourmand qu’un loufiat lâché sur un buffet gratos? »
Et moi, penaud et déconfit, tel l’amant du dimanche pris en flagrant délit de minimum syndical en matière affective, fut bien obligé de reconnaitre le faux pas doublé d’une faute de goût. Voilà ce que c’est de ne plus prendre le temps de sortir le disque de la pile où il se cachait après avoir longuement décrypté les tranches. Celles-ci d’ailleurs vu mes styles de prédilection, rivalisent dans le style sombre et hiéroglyphique. Tu parles d’une sinécure. Mais il en va des disques comme des femmes, on ne badine pas en amour et le confort est l’ennemi de la passion et autres aphorismes de collégienne. Pourtant ma collection continuait d’être entretenue, avec d’ailleurs comme belle prise cette OST de The Wicker Man en édition limitée, mais toutes les mauvaises excuses du monde avaient fini par m’en éloigner.

« Et tant mieux » ai-je écrit en seconde partie du titre. Eh oui, c’est justifié. Après tout j’ai repris l’habitude de me vautrer dans le canapé, le casque branché sur la platine à déchiffrer le livret de l’album. Le dernier BLUT AUS NORD me donne à cette occasion pas mal de fil à retordre. Au lieu de m’agiter dans tous les sens sous le regard hagard et inquiet des deux félins dont je squatte l’appartement. Redécouvrir « l’inconfort » du vinyle où nulle avance rapide ou passage à une autre piste n’est possible, pouvoir s’isoler et se plonger dans une œuvre… C’est tout un apprentissage à refaire dans un monde où tout, de l’art jusqu’au sexe, érige le fast-food en maitre-étalon.

Mais je laisserais le mot de la fin au grand homme à lunette qu’est Steven Wilson pour ce qui est des Ipod. Ça se passe par là et ça dépote.

Bien à vous.

Posted in: Billets d'humeur