BRAIN PYRAMID – Chase Hideout

Posted on 10 septembre 2014

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Sortir de ma léthargie plusieurs mois  après avoir chroniqué l’EP de BRAIN PYRAMID pour venir vous parler de l’album à sortir pourrait me faire passer pour le VRP du groupe. Malheureusement je ne suis nullement payé en la matière et mon train de vie dépensier m’interdit de bosser gratos. En revanche un bon disque pourrait me pousser à n’importe quelle folie et ce Chase Hideout n’en est pas loin.
Pourtant le Stoner/Psyché/Blues j’en ai plus gobergé qu’à mon compte en cet été parisien où j’ai repassé en revue les classiques. L’idée d’un challenger breton dans le domaine pouvait laisser perplexe, mais leur EP fut un bon apéritif qui m’avait fait espérer un LP digne de cette introduction.

Brain Pyramid Chase Hideout

Et c’est qu’ils l’ont fait les trois lascars ! Pourtant pas enthousiasmé à l’idée d’un énième récital des poncifs hendrixiens sur-digérés variant la rythmique des morceaux comme autant de taffes erratiques sur le joint, il a fallu bien vite revoir le jugement. Parce qu’à la langueur cannabique, BRAIN PYRAMID y préfère les montées d’acide bien fulgurantes. Pas bien compliqué : jusqu’au final éponyme « Chasma Hideout » qui achève le disque en un trip de dix minutes, ça ne débande jamais. Le groupe a eu la bonne idée de ne jamais oublier l’idée primaire et primale du binaire : faire du BRUIT, du lourd, du qui tombe bien dans les esgourdes. Si la batterie fait bien sa place dans le mix (Et quelle place ! Ecoutez  « Into the lightspeed ».), la guitare de bucheron et la basse qui ronfle à en décorner un bœuf font honneur aux influences réclamées. BLUE CHEER certes mais aussi LED ZEP’ ou MOTORHEAD sont en bonne place aux côtés des figures du Stoner.

Et c’est sans doute ça qui tire clairement le disque de la vague désormais un peu vaine de tout ceux rêvant de jammer au Rancho de la Luna : savoir tirer un équilibre. Il n’y a qu’à écouter le titre « Lucifer » à mi-chemin du disque. On débute en assommant l’auditeur, on le fait planer à coup d’orgue/voix spatiale/effets psyché et quand vient le buvard revient faire de l’effet ça bastonne d’une manière que la bande de Lemmy de la grande époque n’aurait pas renié. Et le tout finement ciselé par une production qui déboite et offre un son qu’il est ample et chaleureux. Quoi, rien à jeter? Hé bien non, qu’un groupe réussisse à rendre hommage à ses influences tout en sachant en donner sa version propre est un exercice trop rare pour qu’on puisse faire la fine bouche. Peut-être resterait-il encore à se détacher de certains gimmicks et encore! Ce serait chercher le détail inutile dans un disque qui sait restituer le « cool » propre à son genre sans avoir à en afficher les oripeaux avec 30 ans de retard.

Tiens je me suis retenu de faire une sale vanne sur KADAVAR. C’est dire s’il m’a mis de bonne humeur ce Chase Hideout.

Bandcamp du groupe.