EIBON – II

Posted on 27 août 2013

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On le sait, la « French Touch » ne se limite pas qu’à l’électro dans nos contrées musicales. Même au sein des courants les plus undergrounds, le gaulois n’en fait qu’à sa tête. Toujours un peu à part et avec son identité propre, la désormais quintette qu’est EIBON en est une fort belle preuve. Il n’y a qu’à voir combien sont em….. les chroniqueurs dès qu’il s’agit de mettre une étiquette; est-ce du Doom, du Sludge, du RAMESSES qui saurait ce qu’il fait… et j’en passe.

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Mais à trop vouloir déchiffrer l’étiquette du breuvage en s’aidant des ingrédients, on finit par en oublier le goût. Alors, oui public adoré, il y a du chant de gargouille enrouée, des guitares qui versent dans le larsen, une batterie monstrueuse et des titres qui à l’occasion de ce deuxième album, redeviennent des pavés de 20 minutes chacun. Mais la vérité c’est qu’EIBON, c’est les croix de bois versus Cthulhu (1). Ce qui était prégnant avec le premier album sort enfin des profondeurs avec ce « II » qui prend plus que jamais la forme d’un long rituel avec ces deux titres-fleuves enregistrés en une seule prise. Deux faces qui montrent à la fois la rage pour invoquer la victoire coûte que coûte puis le désespoir à tâcher de survivre. L’aspect âpre et immédiat de l’enregistrement enfonce un peu le « trip », du genre à te retrouver merdeux, de la boue jusqu’aux genoux au fond de la tranchée, à fixer le sommet du talus et attendre la fin des bombardements pour te retrouver face… A quoi? Chacun apportera sa propre réponse face aux assauts de The Void Settlers, la première face qui malmène le plus par ses changements de ton, sa batterie parfois tribale et sa guitare solo qui tranche la masse abrupte qui s’abat dans les oreilles. Ca ne cesse jamais de vrombir, jusqu’à cette fausse paix qu’offre Elements of Doom et qui illustre parfaitement la pochette tirée d’une peinture d’Otto Dix. Faussement linéaire et apaisée, cette deuxième moitié est finalement plus implacable, plus froide avant de s’emballer dans son final et de sombrer dans le vide.

Une fois la voyage achevé, difficile de s’en remettre, EIBON a réussi le tour de force de garder des structures complexe accouplées à une jam infernale, à l’image de l’excellent morceau final joué lors de leur passage à l’Espace B avec RAMESSES et HOODED MENACE. Preuve en est que du chemin des dames à R’lyeh, il n’y a pas si loin.

(1) Et là les références sont franchement explicitées...

Ecoute de l’album.