BLUT AUS NORD – 777 Cosmosophy

Posted on 29 décembre 2012

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La trilogie 777 de BLUT AUS NORD est désormais achevée depuis quelques mois. Le projet porté à bout de bras par Vindsval, membre de l’entité B.A.N., devait être un side-project électro-dub. Suite à diverses raisons toutes aussi variées (coup d’humeur de Vindsval, disque dur contenant les compos originales perdues, etc...), ce qui devait être une aparté est désormais intégré au grand dessin blutien dans ses éternelles digressions cosmique et de la lutte de l’homme contre le Temps.

Si la première partie, SECT(S), faisait office de statu-quo, sa suite The Desanctification commençait a sérieusement ouvrir à grands coups de pompes certaines portes encore entrouvertes sur des albums comme MoRT, Memoria Vetusta II ou encore l’EP Thematic Emanation Of Archetypal Multiplicity. Autant dire que j’attendais de ce Cosmosophy final, l’apothéose promise déjà à plusieurs reprises, que ça soit Memoria Vetusta II qui devait à l’origine intégrer des éléments de Free-Jazz et de l’électro, ou encore Vindsval de citer à plusieurs reprises DALEK ou KABAL dans ses dernières interviews. Tant que B.A.N. évitait de tomber dans le Black à casquettes comme l’a si bien fait DEATHSPELL OMEGA sur la dernière pièce de sa propre trilogie, j’étais relativement serein. Lorsque le disque fut enfin arrivé, comme d’habitude: isolement, plongée dans l’œuvre, écoute au casque et baffe majestueuse à l’arrivée, seule me restant de cette écoute en montagnes russes de ce qui est le plus bel album du groupe le sentiment rampant et obscur que laisse entendre l’Epitome final. Magistral. Au point de plus toucher à l’album pendant des mois sauf pour une écoute intégrale des trois disques à la suite et de constater le jeu de renvois élaboré au sein de chaque disque.

virselis

Un beau jour de l’après-fin du monde, j’ai finalement sorti le vinyle acheté entre-temps pour voir si le disque tient toujours passé l’enthousiasme de la découverte. Évacuons de suite le désagréable, non en soi rien de bien révolutionnaire ici mais bien une évolution. Il reste que la plus grosse surprise dans le langage de B.A.N. est bien l’arrivée de cette voix claire, en chant sur l’Epitome XVII ou lâchant son texte sur un beat aussi froid que mécanique sur l’Epitome XV. Pas toujours aussi bien maniée que les autres éléments de la grammaire blutienne, elle est pourtant cohérente avec l’aspect aérien qu’on n’a cessé de souligner partout à propos de cet album. Chaque Epitome allant de 6 à 12 minutes, il est vrai qu’il est plus laissé de place aux ambiances et au développement des morceaux, la pièce centrale, l’Epitome XVI étant d’ores et déjà un des pics de la discographie de B.A.N. Sans réellement muter son propos, on comprend mieux les bases nécessaires que furent les deux précédents albums pour en venir à cet aspect lumineux du groupe. Ou plutôt moins sombre, car ce que laisse échapper Vindsval dans cette Cosmosophy reste toujours enchainé dans des ténèbres que B.A.N. a peut-être chatouillé d’un peu trop près. Même avec un visage plus humain, sa musique reste empreinte d’une Grande Ombre qui ne demande qu’à revenir. Et ce n’est pas le dernier morceau, qui reprend le thème de la répétition quasi-rituel déjà entendue sur The Work.. ou 777 – SECT(S), qui fera mentir la promesse d’une replongée dans les entrailles ouvertes à l’époque de MoRT.