ULVER – Live in Concert at the Norwegian National Opera

Posted on 17 février 2012

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ULVER est  le genre de groupe qui parvient aussi bien à transporter l’auditeur qu’à l’agacer prodigieusement. Œuvrant aujourd’hui dans un hybride Electro/Ambiant de très haute volée, les débuts furent pourtant sous le sceau du Black Metal, trois albums au vus comme des références. Mais pour le groupe, mené par Garm, unique membre d’origine, c’est une erreur de jeunesse. Un Garm d’ailleurs devenu bien plus loquace depuis qu’il a surmonté sa timidité maladive, permettant ainsi au groupe de se produire enfin en live depuis 2009.

Des concerts qui restent dans les mémoires, pas toujours pour les bonnes raisons pourtant. En 2011, ULVER revient à Paris au Trabendo et à l’occasion de la sortie prochaine de War Of The Roses, joue celui-ci en intégralité. La performance tiendra en une grosse heure de jeu bien plombé par l’alcool et, ô suprême foutage de gueule, le je m’en foutisme à peine dissimulé des musiciens. Une bonne partie de l’audience jure qu’on le l’y reprendra plus et que les norvégiens en concert c’est fertig.

Et cette déception se comprend d’autant plus qu’un an auparavant, le même groupe livrait un concert exceptionnel à la Cigale qui couvrait la grande partie de sa période post-Black Metal. Une tournée qui s’acheva en apothéose sur les terres des norvégiens au Norwegian National Opera, un concert filmé qui sort enfin après plusieurs reports. Pas d’énormes surprises sur la set-list qui reste sur le même modèle qu’au concert de la Cigale, mais la réalisation réussit à retranscrire le choc créé par le groupe entre sa musique réinterprétée en concert et les projections qui l’accompagnent. C’est d’ailleurs sur le « Little Blue Bird » couplé aux images du 3ème Reich que le concert débute véritablement et qu’ULVER fait basculer le spectateur dans sa antre de la folie.

Parce que davantage qu’une succession de titres appréciés du public, un concept qui débecte le groupe, c’est une pièce hybride de musique et d’images que forgent les norvégiens.  Un œil du cyclone où se bousculent extraits de films pornographiques antiques, d’images de savane, des grandes messes de Nuremberg, de nuages en accéléré pendant que le groupe recompose ses titres, les aspects les plus « jazz mutant » ressortant parfois davantage par l’interprétation devant un public. Ce dernier n’est pas en reste puisque pris sans cesse à parti, harcelé, transporté, pointé du doigt, la « mise en scène » n’oublie pas mettre cette optique en évidence dans les passages les plus troublants du concert. Jusqu’à ce « Not Saved », où l’enfant fixe le spectateur/public et le renvoie à ses propres démons.

« What kind of animal are you ? » s’inscrit sur l’écran alors que le concert s’achève et que les norvégiens saluent la foule. Bonne question, en effet…