HUATA – Atavist Of Mann

Posted on 13 février 2012

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J’avoue que pendant plusieurs semaines, je ne suis pas arrivé à écouter un album. Enfin entendre si, mais ECOUTER, me plonger dans des sillons qui me parleraient, non, pas moyen, que dalle, peau d’zobe les enfants. Rien qui ne me chatouillasse allégrement les esgourdes. J’eu beau retourner mes piles de LP et EP de Black Metal crasseux, rien n’y fit. Même écouter le dernier Steven Wilson en format CD, LP et Blu-Ray ne me sortit guère de ma léthargie musicale.

Même ceci devait cesser ce soir. Puisqu’en rentrant, une pile de colis m’attendait, dont, enfin ! le double LP du premier album de HUATA, Atavist Of Mann. C’est que les bretons avait été forts séduisants avec leur premier EP fleurant bon le moine zombie et la disto plus grasse qu’un Kouign-Amann. Ou qu’une plage mazoutée, si vous êtes plutôt du genre pervers. Nos belles contrées continuaient de montrer qu’elles en avaient du lourd dans la besace à riffs, et pour en remettre une couche un premier avant-goût de l’album à venir avait pu être gouté en live successivement à la Miroiterie (Total Svpport) et au Pixi (Total Boycott).

Bien sûr j’avais jeté déjà une oreille à l’ouvrage via le disque aimablement fourni en format MP3 par le label. Mais là l’idée d’enfin bouffer du sillon enfumé et maudit m’a fait oublier les précédentes écoutes au format indigne.  Tout ça pour replonger dans une heure de maelstrom d’amplis vintage, alors que le trip monte, ce n’est pas le film de la Hammer sous transfusion électrique qui vient en tête. Joie et bonheur, c’est un magma bien plus improbable qui se dessine. Aux oubliettes le rip-off craint de RAMESSES, HUATA prêche son propre dogme, déjà dès leur premier ouvrage. Un vrai Stoner-Doom fidèle aux Grands Anciens des 70’s, qui sait ouvrir les hostilités sur deux monstruosités propices au headbanging au ralenti (le doublé Lords of The Flame/Operation Mistletoe) a déjà aussi l’art de développer son propos. C’est bien sur un titre comme Thee Imperial Wizard que les officiants apposent leur vraie patte, celle qui se fait polymorphe, sinueuse, imprimant aussi bien les parties de guitare que de clavier pour en évoquer le frisson qu’on peut avoir à découvrir une affiche de film comme celle du Masque du Démon de Bava et déjà se faire le film en tête. A tenter de se faire à nouveau coller ensemble les impressions ressenties pour en aboutir à quelque chose de plus effrayant encore. Et puis il y a cette voix qui transperce la gangue des instruments, payant son tribut aux classiques du genre et t’invite au sabbat/trance/culte, choisis ton clan… Le Culte lui est bel et bien là et c’est dans ses plus longs prêches que le disque prend toute son ampleur, la plus occulte, la plus envoutante, comme l’assène si parfaitement la troisième face avec  Testi Sum Capri et Templars of the Black Sun.

Tu vas comprendre, oui, que le vinyle, c'est la vie????

Atavist of Mann c’est la bouteille de gnôle salvatrice après une traversée du désert. Ca n’épanchera peut-être pas ta soif mais le choc t’offrira à halluciner plus que tu n’aurais espéré au départ. J’avais écrit de leur EP : Parce qu’à une époque où le Doom, Stoner, Drone et autre amour du riff bien craspec commence à être en odeur de sainteté chez les hipsters à mèches, il est bon de se rappeler tout ce qui vraiment à la base dans le genre. A savoir un bricolage sonore où tout se bouscule un peu sans gêne ; sous la grande chapelle du Doom, se fait parfois sentir quelques riffs Stoner péchus qui relancent la machine qui ne tombe jamais dans le piège du bourdonnement « Sunnesque » chiant à faire mourir à nouveau un zombie.

Et ils le confirment les salopards. Quand 42 ans après leur premier disque, les pères du Sabbat Noir se mettent sur la tronche à coup de communiqués de presse, l’amoureux de musiques « autres » ne peut que se réjouir que des disciples du Riff distordu, non content de garder la flamme des origines, la font même parfois briller plus fort.

Kenavo au Sabbat.

Libre téléchargement et commande içi.