BLUT AUS NORD – 777 The Desanctification

Posted on 18 décembre 2011

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BLUT AUS NORD a peut-être pris du retard dans la livraison de son grand dessein qu’est la trilogie 777, qui devait s’achever avant la fin de l’année, mais ce deuxième opus montre comme son prédécesseur, la rare assurance de Vindsval dans son projet. Une sensation rare dans un groupe qui laissait auparavant son instinct guider ses expérimentations.

The Desanctification poursuit donc  sa thématique de l’Homme dans sa lutte pour l’affranchir du Temps contre lequel il luttait dans Sect(s). A la masse furieuse qui faisait la synthèse des œuvres du groupes, ce nouveau volet laisse voir autre chose, l’influence de GODFLESH est ici pleinement intégré et se couple à ces cassures aériennes qui parasitent le début du disque. La guitare vient percer le mur de son(s) et emmène l’œuvre à ce qu’un disque comme Memoria Vetusta II avait frôlé.  Aux champs de batailles succèdent les effluves luminescentes du Valhalla. l’Illumination n’est pas encore atteinte mais The Desanctification en est certainement le chemin. Lorsque résonne l’Epitome IX, la bascule se fait définitivement vers un entre-monde, aussi bien thématiquement que musicalement.

BLUT AUS NORD rend son propos plus mouvant, l’Epitome X tente une rythmique et un placement des voix jamais entendu chez le groupe.  La base des morceaux se rapproche de la transe quand il n’évoque pas indirectement  le chamanisme ou la musique orientale. Leur structure se dépouille, et la parenté avec l’Ambiant et l’Indus se fait évidente. The Desanctification est un travail de sape, qui poursuit la course  à la Lumière entamée à la fin de l’Epitome VI qui clôturait Sect(s). Un course qui fonce aussi  délibérément à travers les ténèbres, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes d’un disque se construit à travers une ligne de reprises/réponses au premier volet. Ecoutés à la suite, les deux tiers de 777 font  alors ressentir une travail et une puissance qui n’explosera qu’avec le dernier volet Cosmosophy, prévu comme étant « l’album de la liberté créatrice, de l’instant, de l’abandon, celui qui annihile le temps ».

7, 7 et 7… déjà deux piliers de ce projet qui s’annonce comme un tournant dans la discographie du groupe et le premier effort discographique chez leur nouvel label qui leur a offert une liberté totale. Vindsval, apparemment seul aux commandes pour ces trois disques, officie donc un rituel malade pour cette « Désantification » , à la limite du psyché par moments. Inutile de dire que le pic du « trip » est plus qu’attendu désormais….

The Desanctification en écoute intégrale.