MARS RED SKY – S/T

Posted on 15 décembre 2011

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Le concert de SABBATH ASSEMBLY il y a quelques mois au Nouveau Casino avait été un TRES bon concert. Le rock occulte de Jex Thoth et sa bande était sublime sur scène, et la soirée fut d’autant meilleure que la première partie me permit de découvrir les bordelais de MARS RED SKY. Un stoner psyché d’excellente facture sur scène, dommage que le CD au merch’ coutâsse « si cher » mes bons amis…

 Puis à force de les suivre, je suis tombé sur l’annonce qui allait me faire craquer, le groupe faisait presser son premier album au format LP. Cliqué / Commandé / Banquier encore content, la bête était en marche pour ma platine. Et au vu de l’amour du fuzz des trois musiciens il eut été dommage de ne pas la goûter en vinyle. Car si l’amateur chevelu bardé de vestes à patch estampillée ORANGE GOBLIN ou BONGZILLA trouvera que ça manque de gueulantes et d’huile de moteur, l’adepte de trip trouvera son compte. Car MARS RED SKY joue sur le côté « fly to the moon », mais avec un jeu d’équilibre qui lui est bien propre.

Car dès « Strong reflection » ce qui saute à la gorge c’est l’opposition violente entre les riffs gras et le rythmique lourde chers au genre et la voix aérienne de Julien Pras. Plutôt que de donner dans un registre de camionneur, le chanteur assume son héritage pop et le résultat de donner une touche toute particulière à cet amour porté au 70 ‘s par le groupe. « Way to Rome » ou « Marble Sky » conjuguent donc sans peine une rythmique grasse couplé aux fulgurances de la six-cordes avec un chant sorti tout droit du vent du désert. Et il y a du mérite à payer son tribut aux anciens tout évitant de marcher de leurs pas, à esquiver le piège de la musique « de fans faites par et pour des fans ». Les trois montrent que sortir géographiquement du vignoble franchouillard n’empêche pas de faire résonner un autre son. Celui d’un coucher de soleil à l’envers repassé éternellement au ralenti, la danse transe du fantôme de cette hippie qui danse à s’en faire saigner les pieds sur le sable… sont quelques-unes des images, des sensations qui naissent au long du disque. Que ce soient les instrumentaux, ou ce final si bien nommé « Up the stairs », M.R.S. créé vraiment quelque chose au fil des écoutes plutôt que d’aligner les poncifs.

Au public du prochain Roadburn de goûter désormais le peyotl sonore français.

 Ecoute intégrale sur Deezer.