WOEBEGONE OBSCURED – Deathstination

Posted on 5 décembre 2011

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Avec un dossier de presse soulignant bien que le chanteur, mais aussi batteur, a trouvé l’inspiration lors d’un séjour en institut psychiatrique et que le groupe officie dans un « Blackened Funeral Doom/Death », on se dit que cette réédition de l’album Deathstination de WOEBEGONE OBSCURED va être un prétexte à se mettre dans les esgourdes du riff répété ad nauseam sur fond de plaintes trop dark quoi.

Au lieu de ça, on irait bien plutôt aller bruler quelques cierges, les Blackeux brûleront l’église , pour remercier I,Voidhanger d’avoir ressorti cette pépite noire de 5 cinq pour 45 minutes oppressives et glauques à souhait. Si les noms d’EVOKEN ou THERGOTHON viennent à l’esprit au fil des écoutes, les allemands de WORSHIP ne sont pas loin non plus. La grande force de ce disque c’est de proposer de véritables traversées du Styx formidablement noires et envoutantes, et dont le passager ne décroche jamais vraiment. Plus qu’une simple formule qui se limiterait aux gimmicks éculés d’un Doom/Drone que n’aèrent que quelques arpèges en son clair égarés ci ou là, le trio mené par D Woe accouche d’un Melting-pot où se confrontent plusieurs éléments de l’Extreme-Metal, que ça soit une voix lorgnant vers le Death le riff d’intro purement Black Metal du final « Deathscape », des passages apaisés, et des moments où la machine s’emballe comme le premier tiers de « Maestitita ».  Au fatalisme vaguement goth de groupes officiant dans un « suicidal Metal » bien générique, WOEBEGONE OBSCURED garde un aspect presque colérique, jouant sur les contrastes, et dont les trois premiers titres sont des univers en soi tant leur richesse les fait passer pour des titres durant deux fois  leur durée réelle.

Et au-delà, il y a la voix et la batterie du maitre d’œuvre, qui évoque dans sa haine et son mal-être certaines des pages les plus brumeuses de Poe ou Lovecraft. Tout pourrait finalement se résumer à cette « accalmie » au milieu de « Coils of Inane Comatose », où seules quelques voix étouffées se font entendre entre deux assauts de riffs charbonneux. Elles n’en sont plus que noires.

Cette réédition annihile désormais toute excuse de posséder ce disque qui n’a pas volé sa réputation.