BLUT AUS NORD – 777 Sect(s)

Posted on 5 décembre 2011

1



Ca n’aurait pu être qu’un remix des bases posées avec The Mystical Beast of Rebellion ou The Work Wich Transform God, les deux albums qui ont propulsé BLUT AUS NORD à un tout autre niveau sur la scène. Les premiers instants font place à ces riffs sales et désarticulés si typiques du « groupe ». Mais, bien vite, on se rend compte qu’il y autre chose qui court sous les apparences et l’irruption en fin de titre de ce Dub malade nous le confirme.

« We charge tradition with being an excuse for idleness, unpersonnality and regression » affichait B.A.N. dans un de ses disques, et avec ce nouvel ouvrage, Vindsval n’a pas trahi sa parole. 777 – Sect(s), qui inaugure une trilogie dont les deux prochains volets sortiront d’ici à la fin de l’année et qui aborde le thème du Temps, créé par l’homme mais également subi par lui au risque de détruire l’instinct pur. B.A.N. reste donc fidèle à ses thématiques et replonge dans la période la plus expérimentale de sa discographie, notamment le cultissime The Work… mais encore une fois tout est prétexte à sortir des sentiers battus, y compris ceux que l’on a soi-même créés. Le deuxième « Epitome », rappelant justement « Procession of the Dead Clowns » en est une version allant beaucoup plus loin, plus fort, se déroulant toute seule

avec une assurance rarement ressentie auparavant. Le troisième mouvement, lui, un jeu constant entre la violence et des parcelles de calme comme arrachées à la lumière débutant violemment pour un final étrangement apaisé. L’ « Epitome IV », est peut-être le cœur de Sect(s) par sa durée, près de douze minutes, et sa richesse. Des basses inhabituelles et un « groove » Indus ouvrent les hostilités d’une sensation semblable à celle d’un chant païen aux origines oubliées. Il n’en demeure pas moins toujours cohérent et passionnant à suivre, bien que toujours éprouvant. Et d’autant plus marquant. Ses effluves mécaniques se dissipent à peine que la cinquième partie s’amorce, menée par des guitares s’accumulant vers un final où tout sens logique du riff s’amenuise, réminiscence des ténèbres de MoRT, l’album le plus controversé de B.A.N. Et pendant un bref moment, le silence, puis cette entrée majestueuse, une rythmique autour de laquelle se lovent les guitares, où les « voix » disparaissent, et où l’auditeur s’élève peu à peu pour un voyage se poursuivant dans le second opus, Desanctification.

Il y a donc bien plus dans cette première pierre de l’édifice qu’un recyclage, même intelligent, des expériences passées de BLUT AUS NORD. Le choix d’un nouvel artiste à l’artwork, Daniel Valencia, en lieu et place de David Cragne, montre finalement l’avenir que regarde sereinement le groupe avec pour la première fois, un calendrier bien établi dans ses futurs ouvrages, comme si le temps d’une trilogie, B.A.N. avait ironiquement cédé un tant soit peu de l’Instinct qui lui est si cher, pour une assurance et une force qu’il a rarement démontré et porteurs de promesses musicales fortes. En un mot, comme en cent : Bordel, vivement la suite !